Feb 10, 2026

Data centers et collectivités : anticiper les contraintes de RTE et des territoires

Data centers et collectivités

Data centers et collectivités : anticiper les contraintes de RTE et des territoires

Entre 2024 et 2026, la France a vu se multiplier les demandes de raccordement de data centers — parfois à un rythme plus rapide que la capacité du réseau électrique à suivre.
Cette tension révèle une réalité : la planification énergétique territoriale devient aussi stratégique que la conception technique d’un site.

Pour les opérateurs comme pour les collectivités, le défi n’est plus de “trouver un terrain”, mais de garantir l’alimentation et la cohérence du projet avec les infrastructures locales.

1. Une pression inédite sur le réseau électrique

Selon RTE (Bilan Prévisionnel 2025), les besoins liés aux infrastructures numériques pourraient atteindre 12 TWh/an d’ici 2030, soit environ 2 % de la consommation nationale.
Cette hausse rapide se concentre autour des zones déjà denses : Île-de-France, Hauts-de-France et Lyonnais.

RTE souligne que :

« le principal enjeu n’est pas la disponibilité totale d’électricité, mais la capacité locale de raccordement et la puissance soutirable ».

Les collectivités doivent donc anticiper les contraintes de postes sources, les délais d’obtention d’autorisations, et les politiques locales de neutralité carbone.

2. Les points de tension identifiés

Les études de RTE, Enedis et France Datacenter (2024) mettent en évidence plusieurs zones sous contrainte :

  • Île-de-France : réseau saturé autour des grands pôles logistiques (Plaine-Saint-Denis, Val-d’Oise).

  • Lyon et Marseille : forte croissance des charges IA et cloud.

  • Nord et Grand Ouest : tension sur les postes 225/63 kV, délai moyen de raccordement > 24 mois.

Ces contraintes ne signifient pas impossibilité, mais besoin de coordination en amont.
Chaque projet doit s’inscrire dans le Schéma Régional de Raccordement aux Énergies Renouvelables (S3REnR) ou équivalent, et être validé par RTE pour réserver la puissance nécessaire.

3. La coordination avec les collectivités : un prérequis

Les collectivités locales sont désormais parties prenantes de la planification énergétique.
Depuis 2024, les Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux (PCAET) doivent intégrer la consommation énergétique du numérique et la réutilisation de chaleur fatale.

Les bonnes pratiques recommandées par l’ADEME et France Datacenter :

  1. Associer les autorités locales dès la phase de faisabilité.

  2. Étudier la mutualisation énergétique : chaleur fatale, boucles d’eau tiède, synergies industrielles.

  3. Vérifier la compatibilité urbanistique : zonage, servitudes, bruit, emprise foncière.

  4. Travailler avec RTE et Enedis sur la puissance disponible réelle, pas théorique.

Une concertation précoce évite les blocages d’autorisations ou les retards de raccordement qui peuvent dépasser deux ans.

4. L’enjeu de la chaleur fatale dans les politiques locales

Le décret REEN (Réduction de l’Empreinte Environnementale du Numérique) encourage la valorisation de la chaleur fatale des data centers.
Plusieurs collectivités (notamment Val-de-Reuil, Marseille, Villeurbanne) travaillent déjà avec les opérateurs pour alimenter des réseaux urbains basse température.

Cette réutilisation d’énergie devient un argument d’acceptabilité locale : un data center bien intégré dans le tissu énergétique peut être perçu comme un contributeur, non comme un consommateur.

5. Anticiper les délais et les contraintes réglementaires

RTE recommande de prévoir un délai de 18 à 36 mois pour tout projet nécessitant un raccordement supérieur à 10 MW.
Les démarches clés :

  • demande d’étude de raccordement (RTE ou Enedis) ;

  • validation du point de connexion et des capacités du poste source ;

  • étude d’impact environnemental (ICPE) ;

  • coordination avec les services de l’État (DDT-M, DREAL, préfet).

Les projets alignés sur les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et les schémas régionaux sont traités en priorité.

Conclusion

Les data centers ne peuvent plus être conçus isolément de leur territoire.
L’énergie, l’urbanisme et la planification deviennent des leviers de compétitivité autant que des contraintes administratives.
En anticipant les contraintes de RTE et en coopérant avec les collectivités, les opérateurs gagnent du temps, sécurisent leur puissance, et renforcent l’acceptabilité environnementale de leurs projets.

❓ FAQ – Vos questions fréquentes

1. Quels sont les délais moyens de raccordement RTE ?

Entre 18 et 36 mois pour des puissances supérieures à 10 MW, selon la complexité du projet et la zone (RTE, 2025).

2. Les collectivités peuvent-elles refuser un data center ?

Oui, pour des motifs d’urbanisme, de consommation d’eau ou d’énergie, ou d’incompatibilité avec le PCAET local.
D’où l’importance d’une concertation précoce.

3. La chaleur fatale est-elle obligatoire à valoriser ?

Non, mais fortement encouragée.
Le décret REEN 2023 prévoit son intégration dans le reporting environnemental et favorise fiscalement les sites raccordés à un réseau de chaleur.

4. Qui décide de la puissance attribuée à un site ?

RTE ou Enedis, selon le niveau de tension de raccordement, après étude technique et validation des capacités locales.

5. Comment savoir si une zone est sous contrainte ?

Les données publiques sont disponibles sur la carte interactive de RTE :
👉 https://www.rte-france.com

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